Le sursaut, pas le chambardement

Il est incontestable que notre Fédération doit évoluer avec son temps, mieux prendre en compte les projets, les contraintes, les besoins de nos clubs, être plus à l’écoute de ses adhérents, rendre possible son développement et construire son avenir avec l’ensemble des dirigeants de notre mouvement sportif.

Pour autant, à 3 ans des Jeux Olympiques de Paris, le hockey français ne peut pas se permettre de changer radicalement de cap. Notre responsabilité collective est de poursuivre le travail en cours, de l’améliorer et de l’amplifier, avec celles et ceux qui sont prêts à y consacrer de l’énergie et du temps. Notre responsabilité collective est d’inscrire nos initiatives dans le prolongement du plan « Ambition 2024 », qui a le mérite d’avoir fixé un horizon et une feuille de route partagée par les clubs.

Notre devoir est de valoriser notre sport, de démontrer son intérêt, de reconnaître ses difficultés sans nécessairement afficher, publiquement, des chiffres peu flatteurs de notre mouvement. Il y a aussi de nombreux résultats sous la dernière mandature fédérale qui ont permis au hockey français de prendre une autre dimension.

Nous pensons notamment à un collectif masculin classé désormais au 12ème rang de la FIH, l’organisation et la structuration d’un pôle « développement », le renforcement de la DTN, surtout quand on sait que peu de Fédérations sont parvenues à maintenir le nombre de cadres techniques mis à disposition, les performances de nos collectifs France Jeunes, la crédibilité de la FFH auprès des partenaires et interlocuteurs institutionnels comme l’Agence Nationale du Sport et le ministère de tutelle, la création du futur site fédéral à Colombes, qui est la résultante de négociations ardues avec les pouvoirs publics, la revitalisation de la gouvernance fédérale avec les Comités Départementaux, l’obtention, en 2017, du prix FEMIX qui récompense la Fédération la plus active dans la féminisation, la création du collège féminin au sein du Comité Directeur…

Il est facile de critiquer, il est plus difficile d’agir concrètement et de réaliser de réelles avancées pour notre sport. Nous le voyons chaque jour dans nos clubs et anciens clubs. Chacun doit démontrer la qualité de son implication pour le hockey, respecter ses engagements, jouer collectif, être capable de rassembler, être loyal(e) auprès de ceux qui vous ont mis le pied à l’étrier, savoir manager des équipes – professionnelles comme bénévoles – dans un temps long…

Nous défendons incontestablement la place des femmes au sein de la Fédération et leur rôle dans la prise de décision pour l’avenir de notre discipline. Nous militons pour que les femmes et les hommes se partagent la responsabilité de l’équité de notre sport. Nous sommes favorables à l’ascension des femmes aux plus hauts postes représentatifs de notre mouvement. Nous croyons en l’urgence d’accroître la participation des femmes à notre pratique, sur les terrains et dans tous les rôles. Nous luttons contre les barrières sexistes qui plombent n’importe quel sport. Nous ne renonçons pas à garantir une représentation des femmes dans notre instance. Nous travaillons à des propositions concrètes pour la prévention et la lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles dans le sport. C’est pour tout cela que nous nous sommes engagées auprès de Jean-François BOYER.  

Les dirigeants sportifs en responsabilités au plus haut-niveau sont des leaders au centre des activités éducatives, techniques, administratives et managériales de leur association sportive. Le poste de président de la F.F.H implique un effort quotidien considérable pour ; faire vivre la pratique, mais aussi organiser, gérer et structurer la vie fédérale, sans oublier la nécessité de favoriser les alignements afin d’avancer ensemble, en connaissant en profondeur le milieu du hockey. C’est aussi essentiel d’avoir la capacité de suivre et d’impulser l’instauration du projet, de définir des objectifs stratégiques et opérationnels, de prendre des décisions parfois impopulaires, d’influencer notre environnement pour médiatiser le hockey et inciter des partenaires à le soutenir… et de rendre des comptes. Bref, un vaste programme !

Cette exigence, nous la posons aussi pour n’importe quel dirigeant qui se porte candidat à la tête de notre Fédération. Le hockey français mérite simplement une présidence responsable, dotée d’une réelle expérience en club et au sein du mouvement fédéral, totalement disposée à se consacrer à la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris et à son héritage.

Pointer les lacunes de la Fédération et critiquer les choix passés ne suffit pas à insuffler un coup d’accélérateur au projet fédéral. 

Revendiquer l’incarnation « d’un vent de renouveau », textuellement c’est beau, mais concrètement cela n’apportera rien au hockey sans proposer d’actions concrètes, issues d’un projet sérieux et digne des enjeux structurants à mener, pour faire gagner le hockey sur gazon. 

Notre Fédération, nos clubs, nos comités, nos ligues, nos licenciés ont besoin de stabilité, de personnes dévouées, et expertes dans leur domaine, des personnes qui aspirent à construire et prolonger la dynamique engagée, et non à faire table rase du passé, à 3 ans de Paris 2024.

 


Clémentine DUFAY et Christine VALENCE, joueuses ayant et évoluant dans des Equipes de France, dirigeantes d’un club en Bretagne et en Ile-de-France,

Clotilde LARROSE, joueuse, ancienne internationale dans les Equipes de France Jeunes, ancienne arbitre.

Candidates au Comité directeur de la F.F.H sur la liste « Rassemblés. 2024 et Plus ». 

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