Éric POURCHASSE – Comment renforcer la formation des entraîneurs pour nous hisser à un meilleur niveau ?

1. On dit souvent que le Hockey ne propose pas une formation adaptée ni très ambitieuse pour ses entraîneurs qui doivent nous hisser à des niveaux plus performants. Que faut-il faire ?

Le sujet est vaste et couvre à la fois le Développement et la DTN. On peut forcément faire mieux et le nouveau Directeur Technique National a une vision bien précise, que nous enrichirons progressivement, et à partir des besoins que les clubs exprimeront, lors de l’audit que nous ferons auprès d’eux pour mieux les connaître. « Un entraineur doit nous hisser vers le haut niveau » je dirais plutôt « les entraîneurs ». Du premier que l’on peut avoir lorsque l’on découvre le hockey enfant, jusqu’aux entraîneurs des équipes de France, un joueur dans sa carrière en a plusieurs. 

C’est bien pour cela que dans notre programme nous parlons d’un « plan de formations ». Il s’articule autour de quatre piliers :

  • Former mieux : en retravaillant les contenus des formations fédérales déjà existantes. En y incluant véritablement la pratique de l’arbitrage par exemple (et non pas la découverte des règles). en coordonnant ces formations par zone et au niveau national.
  • Former plus : en créant deux niveaux supplémentaires de diplôme (avant le BF1), pour élargir et étendre les offres pour un nouveau public.
  • Former au sein des clubs d’abord : en positionnant des formateurs référents si possible par club. Si ce n’est pas possible au niveau d’un territoire, d’un Comité ou d’une Ligue. A nous de nous adapter aux ressources locales.
  • Avoir une vraie vision nationale : du nombre d’éducateurs formés sur chaque niveau et par territoire. En créant un fichier national, ce qui nous permettra de suivre et d’accompagner ces entraineurs dans le cadre de leur progression.
  • Mais aussi professionnaliser, via notamment les Brevets Professionnels, en exploitant également l’apprentissage qui est gagnant/gagnant pour le jeune et le club. 

Nous devons avoir aussi une vraie réflexion sur le positionnement de nos entraîneurs. Trop souvent les plus jeunes ou les moins expérimentés encadrent les équipes de jeunes…alors que techniquement et collectivement c’est là que tout se joue. En ayant plus d’éducateurs, entraineurs, mieux formés et avec des contenus homogènes, le reste suivra naturellement et le niveau global de nos cadres, comme celui de nos joueurs progressera. Cela c’est le Développement. Pour la Haute performance ou le Haut Niveau (les entraîneurs de N1 ou Elite) c’est du rôle de la DTN. Mais là aussi, plus nombreux seront les entraîneurs à postuler pour encadrer ces équipes, plus le niveau des entraineurs en poste, sera élevé. 

 

2. Concrètement qu’allez-vous faire pour aider à développer les clubs ?

L’idée principale est de conforter les clubs existants, avant de vouloir en créer d’autres. Mais plus précisément, voici quelques exemples. En étant plus près des clubs : il faut pour cela structurer et professionnaliser nos Ligues et nos Comités car ce sont les vrais relais de la Fédération au niveau local. Avoir une Ligue ou un Comité performant, c’est avoir un point d’appui pour les clubs. Structurer en accompagnant plus les dirigeants et bénévoles par le biais de réunions d’informations sur leur quotidien (le recrutement des bénévoles, les plans comptables, le projet club par exemple) et des outils pratiques, faciles et rapidement accessibles. Professionnaliser en favorisant le recrutement, la mutualisation, le montage de ces dossiers souvent complexes et les montages de projets qui y sont liés.   

J’estime qu’à cela, il faut pouvoir compter sur les « Référents Territoriaux » de la DTN. Ils devront avoir un véritable rôle y compris au niveau du développement.  Envoyer un mail de la fédération vers les clubs ou poster l’information sur les réseaux sociaux ne sont pas les bonnes solutions… Il nous faut plus de proximité, plus d’écoute et d’échange pour être efficace et utile.

Par ailleurs, en mettant à disposition des outils de développement et en expliquant comment s’en servir, nous devrions pouvoir avancer collectivement. Il existe de nombreux outils déjà et nous souhaitons en créer d’autres. Je pense, par exemple ;

  • Création d’un label « école de hockey » souvent synonyme de subventions supplémentaires au niveau local,
  • Augmentation de l’enveloppe ANS (ex CNDS) pour toucher plus de clubs et sur des montants plus importants.
  • Mise en place d’un plan de formation, pour les éducateurs, entraineurs.
  • Information des dirigeants.
  • Elargir les modes de pratiques (hockey santé, pratique loisir, pratique paralympique…) souvent synonymes de subventions venant de secteurs autres que le sport et apportant de nouveaux pratiquants. Nous devons les accompagner.
  • Ouvrir les formules de jeu (5×5 par ex) mais aussi en étant plus souple sur les ententes d’équipes de jeunes.
  • Mise à disposition de moyens utiles de promotion et d’animation pour attirer et faire venir de nouveaux hockeyeurs
  • La liste n’est pas exhaustive.

 Grâce à une politique fédérale de développement, en l’adaptant au niveau de chaque club, nous y arriverons ! Connaitre le club, son Comité ou sa Ligue c’est pouvoir répondre au mieux à ses besoins et y adapter les attentes de la fédération. Il est évident que l’on ne peut pas attendre les mêmes demandes, ni avoir les mêmes exigences entre un club de 20 licenciés en Bretagne et un autre de 500 dans le Nord ou à Paris.

C’est pour cela que dés février je souhaite prendre contact systématiquement avec deux clubs par semaine, pour faire le point et avancer. Cela devrait faire 62 clubs en moyenne par an. Petits, grands, de l’Est du Sud, ruraux ou urbains, je souhaite essayer de couvrir le plus de profils différents pour que la Fédé puisse accompagner ceux qui en expriment le besoin, au plus juste.

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